Les biocarburants sont-ils une alternative durable au pétrole ?
La raréfaction de l’énergie appelle évidemment à une diminution de la consommation et donc un changement des modes de consommation et de production. Il convient donc d'agir à différents niveaux et, en particulier, à la résolution du problème énergétique qui passe par le développement d’un « bouquet » de filières renouvelables. Seules, elles ne règleront rien, mais cumulées nous permettront d’assurer nos besoins. Parmi ces filières, la contribution de l’agriculture pourrait être importante, mais il faut effectivement veiller à ce qu’elle ne concurrence pas la production d’aliments.
A propos des « biocarburants », je préfère le terme d'agrocarburants, pour ne pas induire les consommateurs en erreur, car ces carburants n'ont en soi rien de « bio ». A l'exception des filières très courtes d'huile végétale brute (HVB), ces carburants n'ont même rien d'écolo. Ils mobilisent pour leur production et leur transformation plus d'énergie qu'ils n'en restituent. On a là l'exemple même de la fausse bonne idée, développée par quelques industriels soucieux de se coller une image « développement durable » à peu de frais. Car les frais, ce sont une fois de plus les pouvoirs publics, et donc les contribuables, qui les engagent.
Les agrocarburants, produits par l'agriculture se divisent en plusieurs catégories : les carburants industriels, comme le diester et l’éthanol et les carburants fermiers comme les huiles végétales pures (HVP).
Les HVP est l’agrocarburant qui a le meilleur bilan énergétique et qui produit le moins de gaz à effet de serre. Ainsi, les utiliser à la place du diester dans un moteur diesel permet de réduire par plus de 2 les émissions de gaz à effet de serre. De plus, elles ont un bilan énergétique près de 1,5 fois plus favorable que le diester.
Elles peuvent être utilisés dans la plupart des moteurs diesel (tracteurs, moissonneuse-batteuses, voitures…), pures ou en mélange et sa fabrication peut être effectuée par le paysan lui-même avec un petit appareil peu coûteux (quelques milliers d’euros) qui peut être acheté en commun.
Un paysan a besoin de 10% de sa surface cultivé pour produire le carburant pour ses tracteurs et autres machines agricoles. S’il respecte les principes de l’agrobiologie il cultive cinq types de plantes et peut donc consacrer 20% de sa surface à un oléagineux (colza ou tournesol). Il peut donc produire du colza sur 10% de sa surface, pour produire de l’huile carburant ou alimentaire.
Les paysans produisent ainsi l’aliment pour leur bétail, la totalité de leurs besoins en carburant pour leurs tracteurs, leurs voitures et celles de leurs voisins, sans porter atteinte à l’autonomie alimentaire. Mais cette filière HVP n’est rentable énergétiquement qu’en circuit court.
Je veux donc soutenir le développement des HVP par une défiscalisation dont elles ne bénificient pas, contrairement aux carburants industriels comme le diester et l’éthanol qui sont en partie défiscalisés. Cette mesure peut être un véritable levier pour faire évoluer l’agriculture française vers des modes de production plus durables. En effet, la possibilité de vendre du carburant sans taxe doit être soumise au respect d’un cahier des charges de production. Permettre aux paysans de vendre directement du carburant sera suffisamment motivant et générera suffisamment de revenu pour que des évolutions importantes des façons de produire puissent être exigées. Ainsi, nous pouvons bâtir un contrat gagnant-gagnant entre les paysans et la collectivité : la consolidation des revenus paysans en échange d’une production d’énergie et d’un gain environnemental.
Plus d'informations ici : http://lipietz.net/spip.php?article2002
A propos des « biocarburants », je préfère le terme d'agrocarburants, pour ne pas induire les consommateurs en erreur, car ces carburants n'ont en soi rien de « bio ». A l'exception des filières très courtes d'huile végétale brute (HVB), ces carburants n'ont même rien d'écolo. Ils mobilisent pour leur production et leur transformation plus d'énergie qu'ils n'en restituent. On a là l'exemple même de la fausse bonne idée, développée par quelques industriels soucieux de se coller une image « développement durable » à peu de frais. Car les frais, ce sont une fois de plus les pouvoirs publics, et donc les contribuables, qui les engagent.
Les agrocarburants, produits par l'agriculture se divisent en plusieurs catégories : les carburants industriels, comme le diester et l’éthanol et les carburants fermiers comme les huiles végétales pures (HVP).
Les HVP est l’agrocarburant qui a le meilleur bilan énergétique et qui produit le moins de gaz à effet de serre. Ainsi, les utiliser à la place du diester dans un moteur diesel permet de réduire par plus de 2 les émissions de gaz à effet de serre. De plus, elles ont un bilan énergétique près de 1,5 fois plus favorable que le diester.
Elles peuvent être utilisés dans la plupart des moteurs diesel (tracteurs, moissonneuse-batteuses, voitures…), pures ou en mélange et sa fabrication peut être effectuée par le paysan lui-même avec un petit appareil peu coûteux (quelques milliers d’euros) qui peut être acheté en commun.
Un paysan a besoin de 10% de sa surface cultivé pour produire le carburant pour ses tracteurs et autres machines agricoles. S’il respecte les principes de l’agrobiologie il cultive cinq types de plantes et peut donc consacrer 20% de sa surface à un oléagineux (colza ou tournesol). Il peut donc produire du colza sur 10% de sa surface, pour produire de l’huile carburant ou alimentaire.
Les paysans produisent ainsi l’aliment pour leur bétail, la totalité de leurs besoins en carburant pour leurs tracteurs, leurs voitures et celles de leurs voisins, sans porter atteinte à l’autonomie alimentaire. Mais cette filière HVP n’est rentable énergétiquement qu’en circuit court.
Je veux donc soutenir le développement des HVP par une défiscalisation dont elles ne bénificient pas, contrairement aux carburants industriels comme le diester et l’éthanol qui sont en partie défiscalisés. Cette mesure peut être un véritable levier pour faire évoluer l’agriculture française vers des modes de production plus durables. En effet, la possibilité de vendre du carburant sans taxe doit être soumise au respect d’un cahier des charges de production. Permettre aux paysans de vendre directement du carburant sera suffisamment motivant et générera suffisamment de revenu pour que des évolutions importantes des façons de produire puissent être exigées. Ainsi, nous pouvons bâtir un contrat gagnant-gagnant entre les paysans et la collectivité : la consolidation des revenus paysans en échange d’une production d’énergie et d’un gain environnemental.
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