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Quelles mesures phares pour cet univers ?

L’action des médecins du travail est entravée:gestion patronale des services, concurrence entre les services, place centrale donnée à « l’aptitude », évolution démographique défavorable.Quel est votre positionnement sur ces questions?

Au delà des réponses déjà données, nous pensons qu’on peut redonner au système de santé et de sécurité sociale un dynamisme pour répondre aux besoins et une efficacité qu’il a largement perdues en tablant sur une décentralisation et une véritable démocratie sanitaire.

En ce qui concerne la démographie médicale, elle est tout à fait anormale car l’évolution numérique de la médecine est facile à prévoir compte tenu de la durée des études et du nombre de places en formation. Elle n’est pas un accident. Elle représente un des échecs graves des politiques antérieures. Une des mesures d’urgence à prendre est de fixer les nombres de postes en formation en fonction des besoins de la population, à l’entrée en médecine, entre généralistes et spécialistes, entre spécialités.

Par ailleurs, nous élaborons un projet de loi pour la protection de l’alerte et de l’expertise, qui est aujourd’hui trop souvent sous l’influence d’intérêts économiques. L’objectif est de créer une haute autorité indépendante, sur le modèle de la CNIL, dite Haute Autorité de l’Expertise, en charge de définir les règles de déontologie de l’expertise et de les faire appliquer, de veiller au respect des déclarations de conflits d’intérêts, de protéger les lanceurs d’alerte et de veiller au respect des relations entre organismes d’expertise et citoyens.

Plus globalement, la crise actuelle du système de santé est structurelle et, si on ne change rien, on va vers une situation ingérable. Les causes des maladies de civilisation, liées aux modes de vie, à l’environnement aux conditions de travail, augmentent plus vite que les progrès des soins. Ce qui signifie que la situation sanitaire se dégrade, alors même que les dépenses de soins n’ont cessé d’augmenter beaucoup plus vite que l’inflation. Le déficit de la Sécurité Sociale se creuse, sans qu’on enraye l’augmentation des cancers, du diabète, de l’asthme, par exemple…
La crise financière est aujourd’hui traitée par des méthodes inacceptables puisqu’on emprunte pour ne pas être en cessation de paiement, mais que l’impôt de Remboursement de la Dette Sociale (RDS) voit son échéance reportée de plus en plus loin. Faire rembourser les dettes de fonctionnement par nos enfants puis, si ça continue, par nos petits enfants est exactement contraire à la définition du développement durable, puisque ce dernier consiste à laisser la planète et la société dans un état tel que les générations suivantes puissent vivre de la même manière que nous.
La droite semble avoir projet de laisser la Sécurité Sociale aller dans le mur pour la supprimer et privatiser le système de santé. Les sociétés d’assurance sont prêtes. Mais il faudra aussi accepter la montée des inégalités qui accompagne ce type de système et la marginalisation des hôpitaux publics, alors chargés des soins minimum pour les plus pauvres …
Certains, à la gauche de la gauche, pensent qu’il suffit de ne rien changer pour que tout continue pareil… Nous avons montré qu’il n’en est rien.
Le PS fait la politique de l’autruche et semble se résigner à la privatisation.
C’est pourquoi Les Verts font de la santé un axe majeur de la campagne. Les Français sont attachés au système de solidarité que représente la Sécurité Sociale. Nous tentons de montrer que, pour assurer la poursuite d’un système de solidarité, il faut aujourd’hui une réforme de même ampleur que celle de 1945. Il s’agit d’une véritable « refondation » du système de santé, réorganisé en 3 agences organisant les 3 axes du nouveau système : les soins, l’environnement et l’éducation. Pour animer ce nouveau système, alléger sa gestion et rapprocher la décision des citoyens, nous proposons de le décentraliser et de mettre en place un Conseil Régional de Santé, élu, redonnant vie à la démocratie sanitaire et faisant émerger un véritable pouvoir des usagers.
L’abandon du système public de protection sociale, la privatisation de l’assurance maladie, la marginalisation des hôpitaux publics et de la Médecine du Travail ne seront possibles que si l’on n’en parle pas !

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